Les copains, je dois vous parler de mon pote Allan™. Oui, bien que j’aime parler de moi (moi, moi, moi...), vous savez, j’ai le souci du détail, j’aime qu’on m’aime, je veux que vous soyez tous formatés à mon image, mais pour cela, il faut que je vous dicte tout d’abord les faux pas à éviter. Et Allan™ les incarne... tous.
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Allan™, He's Ken buddy |
Allan™, vous savez, c’est mon meilleur pote. Il est mon semblable et, en même temps, il m’est très différent (ce qui est nécessaire pour que ça ne finisse pas en baston à paillettes entre nous). Ce qui nous différencie est pourtant bien simple : il manque de classe et il est une malédiction pour la Barbie-girl de base. Sérieusement.
Lorsque l’on se promène dans la rue, la gente féminine (de 12 à 77 ans sans exception) se retourne d’un tour complet sur notre passage. C’est bien simple, j’ai la Groovy Attitude et lui a le Look-Coco. Toujours plus ou moins coiffé, le cheveu long sans gel, le menton mal rasé et la chemise hors du pantalon, Allan™ paraît décontracté en toutes situations. De mes préceptes, il n’a pas retenu grand-chose. Il a le visage aux traits tirés comme s’il avait fait la fête toute la nuit – ce qui est souvent le cas – et il a toujours son téléphone à portée de main. Il dit que ça lui donne l’air d’un homme occupé, et il me soutient que ça attire bien plus les regards libidineux que mon sourire Colgate.
En amour, alors que je m’évertue à ne pas faire pleurer les filles en restant très gentleman, Allan™, lui, a toujours inévitablement des « petits soucis » avec elles. Il a élaboré un stratagème machiavélique pour se débarrasser des plus collantes, appelé le « Mur de la Non-Réponse », qui consiste à ne jamais répondre aux soupirantes vivant très mal son addiction à la Non-Fidélité-Réciproque. Non, selon lui, ce n’est pas de la lâcheté mais de l’intelligence bien placée. Bof, moi je dis que ce n’est pas toujours efficace puisqu’il retrouve souvent ses pneus crevés au petit matin. Mais il ne veut jamais m’écouter. Il faut savoir affronter ses propres dragons intérieurs, mec. Quitte à y laisser les dents quand tu tombes sur une fille qui a un grand frère.
Il faut savoir qu’Allan™ a une ex (redevenant parfois sa copine selon ses humeurs), une dénommée Theresa™. Avec elle, il utilise sa fameuse technique du Regard-Profondément-Peiné (qu’on peut surnommer l’air du « Chat Qui Pleure »). Quand elle débarque soudainement pour l’engueuler sur « les strings qu’elle a trouvé par hasard sous son lit », il fait ça et hop, ça marche, elle retombe dans ses bras transie d’amour. C’est presque trop simple. Moi, au moins, je cache les strings dans mon armoire (moins facile pour les fluos), Barbie-gymnaste et Barbie-infirmière n’y voient que du feu. Un peu de respect, quoi. Je ne trouve pas ça très groovy de laisser traîner des trucs suspects dans son appart (ou sa chambre si on habite encore chez sa mère), surtout si ce sont des ‘’cadeaux’’ féminins. Mon conseil (qu’Allan™ ne suit évidemment pas) : achète-toi une grande boîte où fourrer soutiens-gorges, boucles d’oreilles, petites culottes à froufrous et autres objets oubliés le temps d’une invitation. C’est une question de politesse.
Allan™ a aussi une fâcheuse tendance à l’exagération. Un jour, je lui ai fièrement montré mon calendrier de photos de moi-même – façon Dieux du Stade – et, fasciné, il a trouvé l’idée géniale. Un mois plus tard, il me demande de venir visiter son « Mur des Satisfactions ». C’est ainsi que j’ai découvert qu’il avait tapissé tout un mur de sa penderie de polaroïds immortalisant chacune de ses conquêtes (avec date, heure et nombres de rapports – sans doute faussés, cela va sans dire). C’était original, mais je me suis dit que ça n’allait pas aider Theresa™ à aller mieux, la pauvre.
Et pour finir, un petit mot d’Allan™ :
«Je ne rappelle pas. Jamais. Même pour te demander si tu es bien rentrée chez toi, Barbie-girl, ou si tu as éventuellement envie de me revoir au moins une deuxième fois. Faut pas rêver, chuis pas le prince charmant. Et tant pis pour toi si tu y croyais dur comme fer, sois moins naïve, tu te rendras service. S’lut.»Désormais, vous saurez. Méfiez-vous, vous pourriez bien vous réveiller un jour dans la peau d’Allan™. La prochaine fois, je vous raconterai qui sont réellement les Barbie-girls sous leurs carapaces de filles gentilles. Et c’est pas joli-joli.
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